Manifestation du 15/05 Lens-Lille

Lens

Ce matin du 15 mai 2008, 4 à 5 lycées, majoritairement le lycée Pablo Picasso d’Avion, menacé d’éradication pure et simple, se sont regroupés à Lens devant le lycée Condorcet. Après des prises de paroles d’élèves et de professeurs, sous le regard diabolique d’une marionnette de Sarkozy, une bonne centaine de manifestants ont donc parcouru les rues de Lens de 10h à 11h30. Bien encadrée par les forces de l’ordre, plutôt zélée ce jour-ci, la manifestation s’est déroulée sans heurts, pour les revendications que nous verrons ci après.


Lille

La manifestation de Lille a elle regroupé plusieurs milliers de personnes, eux mêmes représentants ou non les nombreux partis, syndicats et associations. Cette grande diversité traduit efficacement, mais paradoxalement de manière incomplète, les divers terrains de désaccords ainsi que les nombreuses revendications des salariés, professeurs, lycéens, étudiants, intermittents du spectacle, sans papiers ou simples consommateurs. Il semble que le spectre de mai 68 soit encore présent dans les banderoles et les pancartes brandies fièrement ce jour, et l’inverse en serait d’ailleurs étrange, tant la machine économico-médiatique transforme cette lutte majeure dans l’histoire de la France en “consommable”. Cependant, la motivation et l’énergie semblent quelque peu manquer. Il est étrange qu’il y a deux ans maintenant, durant la crise du CPE, plus de personnes se soient rassemblées pour cette unique revendication. La “contre-attaque” et la réorganisation des partis de gauche sont prônés par de nombreux tracts, il y a cependant un petit quelque chose qui plane sur la manif, comme une matraque de Damoclès.

Il est injuste cependant de ramener la manifestation à ces quelques détails : en effet, tous ces gens prêts à, non pas battre, mais molester le pavé représentent, si ce n’est l’idée du changement, la volonté farouche de ne pas se laisser écraser, et de prouver ainsi leur existence autant que leur essence. A voir, maintenant, si la persévérance du gouvernement dans ses erreurs, et surtout sa manie, presque un TOC, d’imposer les réformes sous couvert d’une légitimité mandataire incontestable par le peuple, ne transformera par ce mouvement social dans son ensemble soit en rouleau compresseur, soit en pâte brisée.

P’tit Lu le 15/05/08

Petit extra là -> ici.

“L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste”

Université de la Sorbonne, mai 68 – vu dans “Grand soirs et Petits matins” de W. Klein.

~ par P'tit Lu le mai 15, 2008.

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